3e pilier : votre famille est-elle vraiment protégée ?

« J’ai un 3e pilier, donc ma famille est protégée. » C’est l’une des idées reçues les plus répandues en prévoyance. Or un 3e pilier sert d’abord à épargner. Il ne vous assure pas forcément. La différence se voit le jour où il arrive quelque chose.

Épargne ou assurance : deux choses différentes

  • 3a bancaire ou en titres : vous versez, le capital s’accumule. En cas de décès, vos proches reçoivent ce qui a été épargné, rien de plus. En cas d’invalidité, les versements s’arrêtent, faute de revenu.
  • 3a ou 3b sous forme d’assurance : selon le contrat, elle peut verser un capital décès fixé à l’avance, une rente en cas d’incapacité de gain, et continuer l’épargne à votre place grâce à la libération du paiement des primes.

Un 3e pilier ne protège donc votre famille que s’il comprend une couverture de risque.

Bouclier protégeant une famille, illustrant la protection décès et invalidité du 3e pilier

Exemple : le décès, cinq ans après l’ouverture du 3a

Une personne de 40 ans, mariée, deux enfants, verse le maximum (CHF 7’258 par an) sur un 3a bancaire depuis cinq ans.

Montant
Capital 3a après 5 ans (hors rendement)≈ CHF 36’000
Revenu annuel du ménage qui disparaîtCHF 120’000
Le 3a couvre environ4 mois de revenu

Les rentes de survivants de l’AVS et du 2e pilier existent, mais elles ne remplacent qu’une partie du revenu. Le 2e pilier prévoit au minimum une rente de conjoint de 60 % et une rente d’orphelin de 20 % de la rente d’invalidité assurée. L’écart restant, souvent important, doit être couvert ailleurs : en général par une assurance risque décès, dont la prime est souvent modeste par rapport au capital assuré.

Trois lacunes fréquentes

  1. L’invalidité. Elle est plus fréquente que le décès avant la retraite, et c’est le risque le plus souvent oublié. AI et 2e pilier ne compensent qu’une partie du revenu.
  2. Les indépendants. Sans 2e pilier, ils n’ont souvent que l’AVS/AI comme base. Le 3e pilier devient alors leur principale protection, à condition qu’il comporte une couverture de risque.
  3. Les couples non mariés. Le concubin n’a droit à aucune rente de survivant AVS. Au 2e pilier, il ne touche une prestation que si le règlement de la caisse le prévoit et qu’il a été annoncé. Au 3a, il peut être désigné bénéficiaire sous conditions (vie commune d’au moins cinq ans ou enfant commun à entretenir), à condition que ce soit fait par écrit auprès du prestataire.

Les bénéficiaires du 3a : un ordre fixé par la loi

Le capital 3a n’est pas versé librement. La loi prévoit un ordre : d’abord le conjoint ou partenaire enregistré survivant, puis les descendants, les personnes à charge et le concubin (sous conditions), puis les parents, les frères et sœurs, et enfin les autres héritiers. À l’intérieur de certains groupes, vous pouvez préciser la répartition. Cela se fait par écrit, auprès de chaque prestataire.

Cinq vérifications à faire cette année

  1. Votre 3e pilier comprend-il un capital décès ? Lequel, et pendant combien de temps ?
  2. Couvre-t-il l’incapacité de gain (rente et/ou libération du paiement des primes) ?
  3. Quelles prestations de survivants et d’invalidité figurent sur votre certificat de prévoyance du 2e pilier ?
  4. Votre clause bénéficiaire est-elle à jour (naissance, mariage, séparation, concubinage) ?
  5. Le capital prévu couvre-t-il vos engagements réels : hypothèque, études des enfants, train de vie de votre famille ?

Un regard indépendant sur votre prévoyance

Un courtier non lié analyse ensemble votre 1er, 2e et 3e pilier, chiffre les lacunes en cas de décès et d’invalidité, et compare les solutions de plusieurs assureurs. L’objectif : une protection adaptée à votre famille, sans payer pour des garanties inutiles.


Chiffres 2026 à titre indicatif. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé en prévoyance ou en assurance.

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