Gestionnaire de fortune en Suisse : rôle, cadre FINMA et comment bien le choisir

Confier son patrimoine à un professionnel, c’est d’abord une question de confiance. En Suisse, cette confiance repose depuis 2020 sur un cadre légal précis. Voici ce qu’il faut savoir avant de signer un mandat.

Gestionnaire de fortune en Suisse : rôle, cadre FINMA et comment bien le choisir

Ce que fait un gestionnaire de fortune

Le gestionnaire de fortune reçoit un mandat de gestion : il prend lui-même les décisions de placement pour votre compte, selon une stratégie convenue avec vous (profil de risque, horizon, besoins de liquidités). C’est la différence avec le conseil en placement, où le conseiller recommande et où c’est vous qui décidez.

Il n’existe aucun seuil légal pour y recourir. Dans la pratique, un mandat individuel devient pertinent à partir de quelques centaines de milliers de francs d’actifs placés. En dessous, des solutions collectives ou numériques sont souvent plus efficaces en termes de coûts.

Le cadre suisse : LEFin, LSFin et FINMA

Depuis le 1er janvier 2020, deux lois encadrent la profession :

  • LEFin (loi sur les établissements financiers) : tout gestionnaire de fortune exerçant à titre professionnel doit obtenir une autorisation de la FINMA. Sa surveillance courante est assurée par un organisme de surveillance (OS) agréé par la FINMA. Les exigences comprennent notamment un capital minimum de CHF 100’000 entièrement libéré, des fonds propres d’au moins un quart des frais fixes annuels, et une direction qualifiée (expérience et formation minimales).
  • LSFin (loi sur les services financiers) : elle impose de classer les clients, de vérifier que les placements leur sont adaptés, de documenter le conseil, d’informer sur les coûts et les rémunérations de tiers (rétrocessions), et de s’affilier à un organe de médiation.

La transition a été massive. À fin 2025, la FINMA avait délivré 1’664 autorisations à des gestionnaires de fortune et trustees, sur 1’921 demandes déposées depuis 2020. 148 demandes ont été retirées en cours de route.

Bon réflexe : vérifiez que votre gestionnaire figure sur la liste publique des gestionnaires de fortune et trustees autorisés, publiée sur finma.ch.

Banque ou gérant indépendant ?

  • Gestion au sein d’une banque : les avoirs et la gestion sont chez le même acteur, et les produits maison sont souvent favorisés.
  • Gérant de fortune indépendant (GFI) : vos avoirs restent sur un compte à votre nom auprès d’une banque dépositaire de votre choix. Le gérant n’a qu’une procuration de gestion, sans droit de retrait en sa faveur. Il dispose d’une plus grande liberté dans le choix des produits, à condition que sa rémunération soit transparente.

Combien cela coûte-t-il ?

Selon les comparatifs de marché récents, un mandat de gestion orienté actions coûte en moyenne environ 1,2 à 1,3 % par an, soit près de CHF 12’300 par an pour un portefeuille de CHF 1 million. Les écarts entre prestataires vont jusqu’à un facteur quatre, et les solutions numériques coûtent environ deux fois moins cher. Sur 20 ans, cette différence pèse lourd.

Six questions à poser avant de signer

  1. Êtes-vous autorisé par la FINMA, et quel est votre organisme de surveillance ?
  2. À quel organe de médiation êtes-vous affilié ?
  3. Quel est le coût total annuel (« all-in ») en % et en CHF, frais des produits compris ?
  4. Percevez-vous des rétrocessions, et me sont-elles reversées ?
  5. Quelle banque dépositaire, et quels pouvoirs exacts vous donne la procuration ?
  6. Comment et à quelle fréquence recevrai-je un rapport de performance ?

Notre accompagnement

Un portefeuille titres n’est qu’une partie du patrimoine. En tant que courtier non lié, nous vous aidons à coordonner l’ensemble : prévoyance (2e pilier, rachats LPP, 3e pilier), couverture des risques, financement immobilier et fiscalité. L’objectif est que votre stratégie de placement s’inscrive dans un plan cohérent, et que vous posiez les bonnes questions au bon gestionnaire.

Article mis à jour le 2 octobre 2026. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil en placement.

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